Chapitre 1 : Poursuite mortelle

Chapitre I : Poursuite mortelle

(Saison 01 – Épisode 01)

Troyes, 6 septembre 2012

15h00, dans une ruelle du centre-ville…

Au cœur du Bouchon de Champagne, dans une ruelle assombrie par les hautes maisons à pans de bois style XVIe siècle, une femme courait précipitamment.

Elle donnait l’impression d’avoir peur. Elle ne cessait de se retourner, encore et encore, projetant sa longue chevelure blonde de long en large, épousant les mouvements de sa tête, de sa nuque. Ses yeux, écarquillés, semblaient refléter la peur. Elle continuait de courir en vérifiant ses arrières. Soudain, elle s’affola. Ses gestes laissaient transparaître son angoisse grandissante.

Sans doute avait-elle vu quelqu’un. Sa course s’accéléra, ses longues jambes lui permettant d’amplifier sa vitesse.

Mais cette femme aux cheveux blonds ne semblait pas avoir vu le groupement de poubelles vertes qui se rapprochait inexorablement d’elle. Les éviter devînt rapidement impossible. Elle avançait davantage dans sa direction à chaque enjambée.

Elle poussait de petits cris, comparables à ces petits gémissements de peur, ceux que l’on émet lorsque quelque chose ou que quelqu’un nous prend en chasse tout en étant sur le point de nous rattraper.

Sa tête se retourna une nouvelle fois, vivement, pour surveiller ses arrières. L’air inscrit sur son visage donnait l’impression qu’elle avait reconnu son agresseur.

Lorsqu’elle remit enfin son visage dans l’axe de sa course, elle aperçut ces poubelles, nombreuses et regorgeant d’ordures en tout genre. La femme ralentit soudainement, voulant s’arrêter de peur de les percuter. Et comme ce devait être le cas, un mariage violent entre ces ordures et cette jeune femme eut lieu. Les conséquences en furent terribles.

Ses pieds s’entremêlèrent puis s’enroulèrent littéralement les uns dans les autres, et elle finie par s’encastrer dans ce peloton de poubelles.

La scène parut magistrale. Les ordures volèrent en éclats, majestueusement. Les poubelles en fer roulèrent sur le sol en pavés dans un vacarme de ferraille insoutenable. Son sac s’envola dans les airs avant de s’écraser comme un vulgaire chiffon.

La jeune femme s’effondrait.

Ses genoux se froissèrent et se plièrent sous son poids. En tombant, elle poussa un cri pendant que son agresseur la rattrapait peu à peu. Ce dernier ne semblait plus très loin, aux sons des pas de courses qui résonnaient dans la ruelle et qui étaient de plus en plus distincts derrière elle. La femme continuait sa chute. Ses genoux heurtèrent les pavés tièdes. Puis, ce furent ses mains qui, à leur tour, entrèrent en contact avec le sol.

Le choc fut si violent qu’elle cria de douleur !

Elle tentait de se relever, les mains ensanglantées par de multiples écorchures, dont une plus importante laissait entrevoir une partie de ses chairs. Son jean s’était déchiré sous l’impact faisant apparaître ses genoux blessés.

Autour d’elle, tout n’était que désordre. Les ordures étaient éparpillées et les poubelles avaient roulé sur plusieurs mètres. Le sac à main, qu’elle portait, avait été éjecté plus loin, se mélangeant aux déchets.

Son agresseur n’était plus qu’à quelques mètres d’elle. Il se rapprochait toujours un peu plus chaque seconde qui passait. L’agresseur était au plus près de cette femme en détresse, quand elle parvint à se relever avec mal. Elle tenta de se précipiter sur son sac, mais l’agresseur se tenait juste derrière elle !

Ce grand bonhomme vêtu d’un imper noir la bouscula et lui écrasa violemment la tête contre le sol. Elle ne put résister à la force de l’attaque de cet homme. Mais en tombant, elle tenta d’amortir le choc. En vain. L’agresseur finit par lui compresser la tête à l’aide son pied muni de gros croquenots marron lacés de noirs.

Elle tenta de se défendre une dernière fois. Mais, il continuait d’appuyer de tous son poids par de grandes impulsions sur la tête de la jeune femme. Après plusieurs minutes de combat acharné avec cet homme, elle ne parvint plus à résister.

Elle se laissa aller, perdant peu à peu espoir, sombrant dans l’inconscience…

L’assaillant le remarqua. Il la retourna face contre terre.

Mais, un nouvel espoir renaquît quand ce moment de perte de conscience semblait avoir été de courte durée puisqu’elle se réveilla peu à peu. Elle entrouvrit les yeux par quelques coups brefs.

De peur, sans doute, qu’elle parvienne à l’identifier, il prit son élan et lui asséna un grand coup de pied au visage.

Sa lèvre basse explosa sous la violence du coup infligé par l’homme en noir. Sa tête suivit l’onde du choc en se retournant et une grande giclée de sang sortit de sa lèvre et se répandit sur les pavés qui composaient la ruelle.

Dès lors, et dans un silence pesant, la femme ne bougeait plus. Comme morte.

Afin d’être sûr qu’elle ne se réveille jamais, l’agresseur portant des gants en cuir, la prit par le col de sa veste en velours beige, et il lui fracassa le crâne une dernière fois par terre.

Sous la force de ses gestes, ses cervicales se brisèrent dans un bruissement à faire frissonner. Puis le silence revînt.

Signe de libération pour elle, et de crime pour lui, cette victime venait de rendre l’âme. Autour d’elle, son sang s’était mélangé aux détritus et son sac avait disparu…. Quant à son meurtrier, il venait de prendre la fuite…

Parfois notre vie prend un chemin qui échappe totalement à notre contrôle. Tel un funambule, nous marchons sur ce fil qui peut rompre à tout moment, chaque jour de notre existence.

Je peux vous l’assurer. Car cette victime, c’est moi, Rachel Lefèvre, et je vais vous raconter mon histoire.

LA SUITE DÈS MAINTENANT AVEC LE CHAPITRE 2 DISPONIBLE ICI !

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