Chapitre 2 : L’Alerte !

 Chapitre II : L’Alerte !

(Saison 01 – Episode 02)

 

Troyes, 6 septembre 2012

15h59, Place de l’Hôtel-de-Ville…

Ce jeudi, il faisait beau sur le département de l’Aube. La ville de Troyes était profondément mise en valeur par le soleil, dont émanaient de chauds et doux rayons. La chaleur était tenable, seulement 22°C pour la saison ! Plutôt peu, après les plus de 40°C du mois d’août.

La place de l’Hôtel-de-Ville s’activait peu à peu, au rythme des rires des habitants et des promeneurs, du bruit des marteaux-piqueurs qui parsemaient la rue de la République et j’en passe… Ah si, j’oubliais les dizaines de pigeons, posés sur les toits des bâtiments qui encerclent la place, et qui attendaient posés là, la prochaine bourrasque de vent qui leur permettra de s’envoler facilement. Ah moins qu’ils n’attendent tout simplement un passant peu avisé, pour qu’ils lui lâchent une fiente sur le coin de la tête ! Et oui, là était toute la fourberie des pigeons ! Ils roucoulaient si fort parfois, que les paroles des gens en devenaient inaudibles.

À la terrasse d’un des bars-restaurants de la place, un homme en costume noir et blanc, était assis à une table. Il était concentré et ne portait pas de cravate. Il semblait observer les gens présents autour de lui. Il les scrutait les uns après les autres. Dans son esprit, tout mouvement réalisé par une personne était perçu au ralenti. Il voyait les moindres détails et les actions de chaque personne.

À sa droite, un homme était en train de courir après son chien, un berger allemand. Il portait une muselière et était parvenu à se sauver avant que son maître ne puisse lui dire quoi que ce soit.

La laisse du chien volait dans les airs, frôlant les passants. Puis, elle vint s’enrouler vivement, mais tout en délicatesse autour de la jambe d’un deuxième homme, un vieillard.

Il était trapu avec une casquette lui recouvrant les oreilles ! « Ah ! » cria-t-il soudain. Il était tombé à terre.

Le chien s’arrêta net, vint le renifler.

Le maître arriva au même moment et reprit son chien par la laisse. Il s’excusa expressément auprès du vieil homme et l’aida à se relever.

Ce dernier ne semblait pas content, mais il remercia le maître maladroit de l’avoir relevé. Ils repartirent tous deux, chacun de leur côté.

Cette scène avait perturbé tous les passants et les clients des terrasses alentours. L’homme au costume les observait encore et encore, jusqu’à ce qu’il perçoive une voix aigüe de femme, derrière lui, plus loin !

Elle semblait provenir de la rue Emile-Zola, qui se trouvait à quelques mètres seulement de lui.

Il se retourna. Ses yeux croisèrent une femme affolée. Elle tenait son téléphone dans sa main, levait les bras en l’air en criant « À l’aide ! À l’aide ! Au secours ! Venez m’aidez ! À l’aide ! ».

Une commerçante qui sortait de sa boutique tenta de venir à sa rescousse, mais la femme ne fit même pas attention à elle.

Alors, l’homme au costume se leva de sa chaise. Il déposa les sous sur la table pour payer l’addition de son café. Repoussa sa chaise délicatement.

Puis il partit en direction de cette victime paniquée.

Au premier abord, tellement angoissée, la femme ne remarqua même pas l’homme qui se hâtait à son secours. Il tenta d’attirer son attention, en vain.

Ne sachant comment faire pour l’apaiser, il la saisit par les épaules, elle qui tournoyait telle une toupie en criant « À l’aide ! ». Il essaya de la calmer.

— Oh eh ! Qu’est-ce qu’il vous est arrivé madame ? lui demanda-t-il.
En état de choc, elle ne lui décocha pas un mot. Essoufflée, les mots avaient beaucoup de mal à sortir de sa bouche. Mais il persista.

— Madame ?! MADAME ! (Elle tourna la tête vers lui, leurs regards se croisèrent :) Qu’avez-vous ? Je peux sans doute vous aider, calmez-vous. Venez-vous asseoir. (Ils s’assirent sur le banc le plus proche, posé sous un jeune arbre :) Que vous est-il arrivé ?

— Une… Fe-fe-fe… Une femme ! Elle est… Et puis… Et… Hop… !

Ses paroles étaient incompréhensibles et insensées !

Il essaya d’abord de l’apaiser :

— Calmez-vous madame. Respirez calmement. Ça va aller, ne vous inquiétez pas. Désormais il ne peut rien vous arriver. Nous allons reprendre les choses dans l’ordre.

Après cette première phase, la femme commençait à devenir plus douce. Alors, il passa à la phase des questions lui permettant de faire la lumière sur sa situation.

— Qu’avez-vous vu ? De quelle femme parlez-vous ?

Toujours aucun mot en retour. Comme si toute parole était bloquée.

— Bien, dit-il en frottant la tê Il réfléchit rapidement et reprit. Oui, c’est ça! Si vous ne pouvez pas me le dire, alors pourriez-vous peut-être me le montrer.

A ces mots, elle le fixa du regard. Puis, celui-ci se détourna en direction du lieu qu’elle montrait avec son doigt. A quelques mètres seulement.

Tous deux partirent dans cette direction. Ayant un peu de mal à marcher, il la soutenait de peur qu’elle ne tombe. Son état d’anxiété et de choc la faisait tituber. Son cœur tambourinait encore si fort dans sa poitrine que l’on aurait cru qu’il allait en sortir.

Puis ils parvinrent enfin à l’endroit qu’elle lui avait montré. C’était une petite ruelle sombre à la perpendiculaire de la rue Emile Zola, la plus grande rue piétonne de la ville.

L’homme s’arrêta un instant, il fut comme attiré par quelque chose qui se trouvait plusieurs mètres devant lui.

La femme tendait son bras en direction de cet arcane qui ressemblait à un mannequin, une poupée en chiffon grandeur nature posée à terre.

— Attendez-moi ici. Je vais aller voir ce que c’est. Ne bougez pas surtout. Je vais appeler des renforts.

Alors il s’en approcha. Plus il s’avançait et plus cette poupée lui semblait étrange, car cette chose prenait de plus en plus les traits d’un véritable corps humain.

Il sentit à ce moment-là que ce qui allait se présenter à lui allait être bien plus grave que ce qu’il aurait pu imaginer. Il regretta presque l’aide apportée quelques minutes plus tôt.

Il tenta de chasser le stress qui montait en lui pas après pas. Il ne pouvait plus s’empêcher d’attendre. Il se mit à courir.

Arrivé devant cette « chose », il se stoppa net. Figé. Le regard triste.

C’est à cet instant qu’il découvrit un corps humain inerte. La tête, fracassée, laissait s’écouler un fluide et délicat ruisselet de sang, formant un quelques centimètres plus loin une mare plus importante.

Cet homme venait de découvrir un corps. Il ne s’agissait nul autre que du mien !
Non seulement sa découverte était notable, mais cet homme mystérieux n’était autre que l’une des plus belles rencontres que j’avais faite dans cette ville. Il s’appelait Henry, et il était lieutenant de police.

Cependant, il me manquait quelques choses. Ces choses, je les portais avant de me faire assassiner.

Tous mes bijoux avaient disparu… J’étais morte, pour des bijoux.

Quelques heures plus tard, Henry avait reçu l’accord de son supérieur. Il était désormais en charge de cette enquête. Il devait découvrir qui était le meurtrier de ce crime abjecte.

Mon arrivée à Troyes avait marqué un point de non-retour dans ma vie. Je n’aurais jamais pensé y vivre ce que j’y ai vécu. Alors tenez-vous prêt à entrevoir trois semaines de mon passé qui ont scellé mon destin !

Mon nom est Rachel Lefèvre, et mon histoire commence, maintenant !

LA SUITE DÈS MAINTENANT AVEC LE CHAPITRE 3 !

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